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Tasse Coquelicot d'été
Le coquelicot paraît toujours revenir d’un autre âge. Dans les campagnes d’Europe, au bord des chemins poudreux, il surgit avec les premiers grands souffles de l’été, léger comme une goutte de sang tombée des anciennes légendes.
Les peuples antiques voyaient en lui une fleur ambiguë, à la fois offrande aux dieux du sommeil et promesse de renaissance. Sa corolle fragile, froissée comme une étoffe ancienne, semblait porter le souvenir des moissons sacrées, des champs baignés de soleil où marchaient les divinités rustiques et les amants mélancoliques.
Il ne vit que peu de jours, mais nul autre ne possède une présence aussi vive. Le vent suffit à le courber ; pourtant, il règne sur les blés comme un prince écarlate oublié.
Il y a dans le coquelicot quelque chose des songes de l’enfance : une grâce pauvre et souveraine, un éclat fugitif que l’on croit perdre chaque été, et qui renaît pourtant, fidèle, sous la lumière dorée de juin.