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Service à jasmin Cité interdite rouge concubine
Il m’arrive parfois d’imaginer, au crépuscule, la vieille impératrice Tsu-hi (Cixi), dernière grande souveraine de l’Empire chinois, retirée dans les profondeurs silencieuses de la Cité interdite.
Je me plais à croire qu’elle y goûtait, à l’heure des collations du soir, le plus précieux des thés verts au jasmin, dont les fleurs, dit-on, étaient cueillies dans les jardins secrets de ses palais.
Sous les plafonds peints de nuées célestes, son visage impénétrable s’adoucissait peut-être à la chaleur d’une tasse de porcelaine, délicatement ornée de dragons d’or. Tout semblait alors suspendu : les intrigues de cour, les murmures des serviteurs et jusqu’au poids d’un empire finissant.
Femme de pouvoir autant que créature de légende, elle demeure dans ma mémoire comme une apparition lointaine, dont le parfum du jasmin aurait seul conservé le souvenir, parmi les ombres et les ors fanés des pavillons impériaux.