Arrière-saison, rooibos
Lorsque vient l’arrière-saison sur le bassin d’Arcachon, le temps semble hésiter, comme s’il refusait de quitter les lieux. L’été s’est retiré sans bruit, laissant derrière lui une traîne de parfums et de réminiscences. On croit encore reconnaître, au détour d’une allée, la douceur sucrée des glaces fondues, mêlée au souffle salin des marées.
Les mimosas et les tamaris, gardiens silencieux du rivage, exhalent une mélancolie végétale que la brise marine prolonge jusqu’au marché central, où les fruits mûrs semblent porter la mémoire du soleil disparu. Les villas s’assoupissent, les plages se vident, et les pas résonnent plus distinctement sur les jetées désertées.
Tout devient plus lent, plus intérieur. Dans cette lumière pâlie, Arcachon ne cherche plus à séduire : elle se confie. L’arrière-saison révèle alors ce que l’été dissimulait sous ses éclats — une beauté fragile, presque secrète, où chaque instant semble déjà appartenir au souvenir.