Brume d'oliban thé noir
Entre la Volga et les eaux lourdes de la mer Caspienne s’étendait jadis un royaume dont l’histoire semble avoir été effacée par le vent lui-même. Les Khazars, (peuple errant et insaisissable) apparurent comme surgis d’un seuil entre les mondes, marchands habiles autant que gardiens de savoirs obscurs.
On disait leurs caravanes chargées de soieries venues de Chine, d’épices et de secrets transmis sous le sceau des empires lointains. Leur civilisation, raffinée et étrange, tissait ensemble commerce et mystère, raison et enchantement.
À la nuit tombée, sous les yourtes illuminées de braises rouges, s’accomplissaient des rites que les voyageurs décrivaient à demi-mots, comme s’ils craignaient d’en troubler encore l’écho. L’encens et l’oliban s’élevaient alors dans l’air des steppes, formant une brume sacrée où semblaient danser des présences invisibles.
Mais toute splendeur nomade est promise au vent. Un jour, les Khazars s’effacèrent des routes et des mémoires, dissous dans l’immensité de l'Asie centrale. Il ne demeure d’eux qu’un parfum suspendu dans l’air, comme si l’histoire elle-même hésitait encore à les oublier.
Composition: thé noir, fleurs de carthame, de soucis, de bleuets, arômes naturels.
La tasse se révèle délicate et veloutée, les parfums légers et sucrés de la fleur de vanille se teintent de la douceur poudrée des fleurs des steppes, une saveur englobante, précieuse et légèrement hespéridée éclate en note de fond.
Les conseils:
Température de l'eau: 90°
Temps de pose: 3/5 minutes
A quel moment déguster ce thé? Au coin du feu.
Une idée d'accompagnement: Une brioche hongroise au pavot.
Allons plus loin:
*Les Khazars dont l'existence est attestée entre le VIe et le XIIIe siècle ap. J.-C surent bâtir une civilisation technique, politique, et artistique. Ils frappaient monnaie et possédaient la technologie du papier, héritée de leurs voisins chinois.
Leur particularisme religieux et la méconnaissance de leur histoire leur ont valu d’être au centre d'un ensemble de légendes à caractère ésotérique et de conceptions erronées sur leur civilisation.
Des centaines d’années après son effondrement, nombre de récits et hypothèses continuent à alimenter l’épopée de ce peuple.
À l’heure actuelle, outre son apport à la culture ashkénaze, la majorité des traces de cet empire restent liées à l’histoire et à la culture russe et hongroise.
Dernier vestige significatif de l’existence de la civilisation khazare, la mer Caspienne est toujours surnommée la "mer des Khazars".